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Manuale typographicum

e XVIe siècle en matière typographique a été un siècle français. Tout commence avec Geoffroy Tory, qui dans son traité Le Champfleury, a théorisé le premier la question de l’art et la science des proportions des lettres, et défendre le principe d’élégance sobre en la matière. Son élève le plus fameux est Claude Garamond (1500-1561) qui dessina sur une commande de François Ier le caractère dit « de l’Université », révision remarquable des caractères des presses d’Alde Manuce.

Garamond
Caractère
Garamond, 1530

Le XVIe siècle français est également parsemé de grands noms telle la famille Estienne, qui a été à l’origine de nombreux ouvrages réputés pour leur beauté formelle, ou encore Christophe Plantin, un Tourangeau, élève de Garamond, qui exerça son métier à Anvers, et publia la célèbre Bible polyglotte d’Alcala d’après des dessins de Guillaume Le Bé. Robert Granjon (1513-1589) qui partit un temps à Rome, a également signé un des grands caractères de cette époque.

Plantin
Caractère
Plantin, XVIe siècle

En Allemagne, cette époque a surtout retenu le nom du graveur Albrecht Dürer (1471-1528), théoricien comme Tory de la proportion des lettres, mais surtout très habile illustrateur.

Tory
Extrait du Champs Fleuri de Geoffroy Tory

Le XVIIe siècle marque le glissement de l’activité typographique vers la Hollande, et ce malgré le travail remarquable de Philippe Grandjean qui grava pour Louis XIV le « Romain du Roi ». Ce siècle est avant tout, marqué par l’activité de la famille Elzévir qui, de Leyde à La Haye, d’Utrecht à Amsterdam, généralise l’usage des formats réduits inventés par Manuce et imprime avec des caractères d’une élégance distinguée et d’une parfaite lisibilité.